C''était une journée très intéressante, avec la matinée consacrée aux abuseurs, les conférenciers étaient: Maitre de conférence en fac de droit,assistante
sociale, psychologue-psychosociologue,magistrat, et une association d'aide aux victimes d'abus sexuels.
L'après midi a commencé par une présentation d'une association d'aide aux victimes d'inceste avec présentation de cas. Puis une table ronde avec: Assistante sociale, avocate, pédiatre,
psychiatre et présidente de l'association sos-inceste.
Tout cela de bonne qualité et passionnant. A la fin, échanges avec la salle qui a duré au moins une heure, je ne pensais pas du tout intervenir mais il a été abordé la question du pardon et un
intervenant a repris cela en posant une question ou en pointant quelque chose.J'avais trop envie de donner mon point de vue, et puis quelque chose me chiffonnait: une conférencière a dit que la
prescription en justice ou le procès quelque soit le résultat, c'était bien, car cela mettait un terme à l'histoire, je ne suis pas d'accord avec cela, donc après avoir laissé le psychiatre parler
( j'ai oublié ce qu'il a dit à ce moment là) j'ai levé la main pour avoir le micro et voilà mes propos :
"J'aimerais reparler du pardon, je pense que la démarche de pardon c'est comme a dit tout à l'heure le Dr R pour la reconstruction, une démarche
intérieure propre à soi même, et personnelle et qu'on peut la faire seul sans la demande de pardon de l'abuseur (la personne du public qui est intervenue avait dit qu'il fallait être deux et que
l'abuseur devait demander pardon) parce que quand l'abuseur est mort, on n'a pas le choix!!! Et c'est possible aussi de pardonner, c'est long et difficile mais possible.
Et puis par rapport à la fin de l'histoire, je pense que la fin arrive avec la fin de la vie de la victime, il n'y a pas de fin sinon, il y a la fin de la souffrance avec la reconstruction,
mais l'histoire fait partie de la vie jusqu'au bout!!!
Voilà ce que j'avais à dire.
Eh bien cela a été le silence total , avec des hochements de tête des professionnels qui semblaient approuver , et la journaliste qui animait le débat
a conclu en disant que c'était une très bonne conclusion et que l'on pouvait s'arrêter là.
Deux personnes sont venues me trouver ensuite: une femme médecin qui m'a demandé dans quel secteur je travaillais, je lui ai répondu que j'étais seulement bénévole dans une association d'aide, et
ancienne victime. Elle m'a remerciée et a dit que c'était un beau témoignage.
Une autre femme est venue me remercier car elle a dit qu'elle bouillait depuis 15 minutes et qu'elle n'osait pas parler, que j'avais dit ce qu'elle aurait aimé dire. Elle travaille dans le milieu
social et est ancienne victime.
Vraiment je ne me reconnais plus, je n'étais pas stressée, j'aurais été très frustrée si je n'avais pas pu parler, mais heureusemùent c'est tout à la fin que ce besoin s'est fait ressentir.
Je suis vraiment contente de moi, fatiguée, mais contente..
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